Affichage des articles dont le libellé est Cinéma. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cinéma. Afficher tous les articles

mercredi 7 mai 2014

The Amazing Spider-Man 2 : Boulimie arachnide [Critique]

Deux ans après un reboot plus que correct, Marc Webb revient derrière la caméra pour nous conter le deuxième chapitre des aventures de l’Homme-Araignée. Mais après un battage publicitaire tapageur à souhait tant et si bien que la moitié du film devait être visible dans la quinzaine de trailers (sans dec’, j’ai compté), les rumeurs de producteurs ayant eu la main mise sur un montage catastrophique et l’une des plus grandes campagnes d’anti-promotion de la part de la critique de l’histoire des comic-book movies, qu’en est-il réellement ?



Il faut admettre que j’avais quand même très peur avant d’aller au cinéma. Déjà j’ai eu la chance de passer à côté de la promotion vidéo du film, ce qui n’a pas été une tâche facile devant le flot de trailers balancés par un Sony qui cherche à renflouer les caisses grâce à une grosse valeur sûre, j’ai pu donc me préserver la surprise quasi-totale du film en salle, ce qui semble vous en conviendrez être une bonne chose. Mais les retours de la presse et d’une partie des spectateurs annonçaient un film désastreux et mercantile, sclérosé par une production toute-puissante qui aurait décidé d’un horrible final cut servant plus à vendre l’univers étendu et les produits dérivés en livrant un film aseptisé, d’autant plus qu’il subit une rude concurrence dans les domaines de l’adaptation super-héroïques et du blockbuster (Captain America, X-Men, Jupiter Ascending,  Guardians, La Planète des Singes, InterstellarEdge of Tomorrow et surtout Godzilla…), autant vous dire que j’y allais un peu à reculons, malgré la confiance dans le travail de Webb illustrant comme personne la comédie romantique (500 Jours Ensemble) et dont le talent avait déjà servi un premier épisode surprenant. Grand mal m’a pris, malgré des défauts palpables The Amazing Spider-Man 2 répond à mes espérances concernant un film sur le tisseur.

D’entrée, on nous sort le grand jeu. Passé une introduction sur les parents Parker dont on admettra volontiers qu’elle est bien foirée, on entre dans le vif du sujet : incroyables envolées new-yorkaises bourrées de bonnes idées pour suivre au mieux les acrobaties de Spider-Man, moments héroïques en poursuivant un camion d’isotopes volés, plein usage des pouvoirs du héros, effets spéciaux renversants, humour typique du monte-en-l’air, recontextualisation des évenements, caractérisation des personnages et bande-son soignée. En dix minutes, tout y est. Des frissons m’envahissent à l’idée d’avoir, enfin, l’adaptation rêvée de Spider-Man au cinéma. Et globalement, la première partie du film, allant jusqu’à la fin de la première bataille avec Electro suit cette ligne directive et s’avère aussi plaisante que rafraîchissante. C’est par la suite que le bât blesse, car à force de gourmandise, on finit par se boucher les artères.



En effet, les sous-intrigues se suivent, s’entremêlent, mais tardent et peinent souvent à se développer. A terme, on aboutit à un arc final grandiose, mais la confusion règne sur la deuxième partie du film qui trop souvent, donne l’exemple de ce qu’est un tunnel explicatif. Certains passages mériteraient d’être plus développés (la relation triangulaire Peter/Harry/Spider-Man, les motivations d’Electro), quand d’autres pourraient tout simplement être enlevés qu’elles ne changeraient rien au film (l’intrigue des parents, aussi ridicule qu’inutile). C’est là qu’on ressent vraiment le malaise procuré par un montage maladroit plus dicté par Sony que par le réalisateur qui a dû subir les décisions venant d’en haut quant au déroulement que devait avoir son film. Si le scénario, pris indépendamment, est dans son ensemble plutôt palpitant, son exécution est parfois pénible, d’autant plus quand on prend certains raccourcis qui auraient pu être évités pour mettre en avant des éléments dont foncièrement on se branle. Aussi, il semble que Sony a sabré de bonnes parties de ce qu’avait prévus Webb pour ses personnages, on s’en rend compte notamment à l’intérieur du film lors de raccord faits à la hache, mais aussi en dehors quand, à l’instar du premier opus, de nombreuses scènes teasés dans les trailers, les images promos, ou les interviews sont complètement passé à la trappe du montage final. Sony prend le modèle de Marvel Studios mais, pris de peur de la vision qu’insère Webb dans son film, l’atténue et y implante des éléments pour les suites et spin-off (rappelons que Sinister Six et Venom sont en développement), voir complètement bricolés pour faire joli (le métro secret et la séquence des avions, sérieux) laissant par là-même en suspend des intrigues dont l’équipe du film semblaient pourtant vouloir apporter une conclusion. Il serait de bon ton de laisser respirer la réalisation du film, d’autant plus que l’on sent qu’elle cherche à nous amener vers une certaine vision du personnage et de son univers malheureusement en partie étouffée par un montage trop hasardeux. Mais malgré cela, les scènes sont souvent très bien réalisées mais il est parfois difficile d’enlever cette impression qu’il manque des bouts et qu’on a rafistolé derrière.



Pour autant, le film malgré ses carences de production, possèdent un paquet de qualités et de bonnes idées qui sauvent son ensemble. Les scènes d’actions sont véritablement spectaculaires et on prend un plaisir dingue à les suivre. D’autant plus que le film installe tout de même un certain nombre d’enjeu et que l’on arrive à s’inquiéter des personnages. Le passage de Time Square reste l’un des moments forts du film, malgré certains aspects bancales, mais l’utilisation d’un Electro qui surclasse le héros et le met en difficulté permet des séquences fortes de doute pour les deux personnages, sublimée par une très belle photographie à l'image du premier opus. Hans Zimmer à la bande-son se sert de ces scènes pour s’écarter de ses sentiers battus et instaure un climat original par son utilisation de voix sourdes permettant de rendre compte de la folie grandissante de l’instable Max Dillon, et de lourdes sonorités éléctro (ahah) pour rendre compte de la puissance du vilain éponyme, expérimentant même sur certaines scènes d’actions où la musique répond directement à ce qu’il se passe à l’écran. Cette performance ne plaira sûrement pas à tous, moi elle m’a surpris et je la considère comme un atout. La fin du film permettra un déferlement d’effets visuels sublimés par leur maîtrise sans faille dans la dernière baston avec Electro, qui sert ensuite de tremplin pour la vraie conclusion du film avec l’arrivée du Bouffon Vert nouvelle génération et un combat aussi court que viscéral et intense, aboutissant sur l’une des passages les plus attendus et pourtant qui arrive à nous surprendre par une gestion sans faille de la tension régnant sur cette scène, et sa réalisation laisse sans voix. Webb, en l’espace de quelques secondes, manie avec finesse tout un tas d’émotion et sa mise en scène se révèle pleinement sur ce passage dont la magnificence et la tragédie marquera durablement les esprits.



Tout au long nous suivons la romance entre Gwen Stacy et Peter Parker et malgré les apparences, c’est cette intrigue qui sert de fil conducteur au récit. Webb peut ainsi injecter tout son savoir-faire pour nous livrer des instants de fraîcheur bienvenue, respirant la sincérité et l’amour des protagonistes. En cela ne sont pas étrangers les deux acteurs Andrew Garfield et Emma Stone qui portent littéralement le film vers des cimes rarement atteintes par le genre, et c’est là probablement la meilleure idée de ce The Amazing Spider-Man 2, et ce en quoi il se différencie du reste des films à grand spectacle, en apportant cette touche de romance parfaitement dosée, complètement véritable grâce à une maîtrise des dialogues d’orfèvre et une alchimie entre les personnages. Plus encore, les relations humaines sont véritablement au cœur du film et c’est cela qui lui donne sa force. Mais pour cela il faut des acteurs qui permettent d’offrir un jeu tout en nuances, et il faut dire que Webb sait s’entourer, ainsi qu’une écriture des personnages intelligente qui permet de leur rendre justice. Garfield s’illustre par là comme l’un des meilleurs choix d’acteur pour un comic-book movie et incarne parfaitement un Peter Parker adolescent passant régulièrement de l’insouciance au doute, malgré quelques passages où il en fait des caisses. Répond le personnage d’Harry Osborn interprété par un Dane DeHann (Chronicle) magnétique, tout en contraste et en jeu de manipulation. L’autre méchant, Electro/Max Dillon, laisse le champ libre à un Jamie Foxx cabotinant à la limite de l’excès, mais ses séquences sont plaisantes et il devient électrique (ahah) après sa transformation, malgré son écriture un peu à la serpe. On passera rapidement sur un Paul Giamatti en Rhino vraiment pas convaincant dans son jeu du plus ridicule vilain de l’histoire. Enfin Emma Stone joue une Gwen Stacy parfaite dans son rôle autant de soutien aux héros, que pro-active dans les événements, nous permettant d’assister à l’évolution subtile de son personnage.



The Amazing Spider-Man 2 subit clairement les errements d’un studio souhaitant capitaliser sur sa licence, et cela se ressent viscéralement sur le produit final qui se révèle bien inégal. Pour autant, ses qualités nous font oublier ses erreurs, le film naviguant constamment sur la ligne subtile entre respect de l’œuvre originale et trahison sans jamais tomber d’un côté ou de l’autre, insérant des idées d’écritures rafraîchissantes en développant ses personnages et la romance primordiale au film tout en soignant ses scènes d’actions impressionnantes, le résultat étant probablement la meilleure incarnation de l’Homme-Araignée sur grand écran. L’entreprise de Marc Webb se révèle donc certes gangrénée, mais garde tout de sa fraîcheur et de sa sincérité.

Note finale : 4/5



mardi 7 février 2012

The Amazing Spider-Man : avis sur la bande-annonce qui défonce !


Après un super trailer hier concernant Avengers qui m'avait pour le coup bien rassuré, voilà que débarque à la suite la toute nouvelle bande-annonce de The Amazing Spider-Man !

Encore une fois, le film me faisait très peur. J'exècre complétement la saga en trois volets de Sam Raimi (hormis le premier épisode qui avait de bonnes idées, et qui était surtout porté par un Willem Dafoe sur-géniallissime en Bouffon Vert), qui ne représente pas ce que j'attendais du personnage, et les images dévoilées, ainsi que le premier trailer diffusé l'été dernier de ce reboot de la franchise ne m'enchantaient clairement pas.

Cependant, en voyant celui-ci, j'ai été obligé de revoir mon jugement.Gras

Ce film va être AWESOME.

Déjà Andrew Garfield colle bien mieux au personnage que Tobey Maguire (nan mais franchement, Maguire et sa tronche de niais, c'était juste pas possible), et même si j'avais de sérieux doute auparavant, ils sont complétement envolés à la vue de ce trailer. Et en plus, on a ENFIN un vrai Spidey adolescent, qui colle bien mieux pour moi que le vingtenaire de la première trilogie ! Il fait des vannes, c'est un marginal à vocation scientifique (et pas le pseudo-timido-intello de Raimi), cette version du personnage à l'air de coller avec le Ultimate, et la vision moderne du Peter 616, bref c'est vraiment Spider-Man ! Je suis joie !

On continue avec une Gwen Stacy S-U-B-L-I-M-E, Emma Stone est ultra-convaincante (je bave à chaque fois que je la vois), et si Peter colle bien à la BD, tout son univers est aussi transposé, allant du Capitaine Stacy à Flash en passant par les lances-toiles mécaniques (GENIAL), on regrettera peut-être pour le moment l'absence du Daily Bugle et de J.J.Jameson (le seul personnage campé parfaitement dans les précédentes adaptations de Raimi), mais le reste fait clairement oublier cette petite déception.

Enfin, l'intrigue a l'air d'avoir son pesant de drame, Spidey est pourchassé par la police (avec d'ailleurs une séquence démasquée intrigante) et la création du Lezard devrait lui être directement lié. Aussi, l'implication supposée des défunts parents du jeune homme n'est pas négligeable. Bref, ça s'annonce bien plus sombre et mature qu'auparavant, tout en gardant la part de dérision caractéristique du monte-en-l'air, bref j'adore !!

Vraiment, alors qu'on donnait The Dark Knight Rises comme vainqueur d'emblée des adaptations de l'année, la concurrence va être rude, et le tisseur de toile a peut-être ses chances de lui damer le pion !

Vite vite le 4 juillet vite !

Version originale (HD) et version originale sous-titrée (360p) ci-dessous.

VO (HD) :




VOST (360p) :

lundi 6 février 2012

Avengers : avis sur le trailer du Superbowl qui rassure


On ne va pas se le cacher, la comm' de Avengers est un raté complet. Entre les visuels dignes d'une marque de jouets de mauvaise qualité, un premier trailer qui faisait très peur et des déclarations vraiment pas rassurantes pour un sou, on ne pouvait être que pessimiste envers ce film qui pourtant représente l'un des plus grands rêves de comicsvore.

Mais parfois, les bonnes intentions portent leurs fruits, et le bébé de Joss Whedon (Buffy, Astonishing X-Men...) devient enfin attrayant grâce à ce trailer, diffusé hier soir lors du Superbowl. En seulement une minute, toutes les craintes que j'avais ont été balayées.

Cette bande-annonce nous montre donc pas mal de choses intriguantes, la menace extra-terrestre est dorénavant clairement visible, mais toujours pas identifiable, laissant une bonne dose de mystère pour le résultat final. Alors, Chitauris/Skrulls, comme l'annonce la plupart des rumeurs ? Personnellement, j'aimerais bien plus voir les Krees, qui pourraient d'ailleurs être l'occasion d'introduire Captain Marvel (dans la séquence post-générique ?). Mais peut-être que d'autres races pourraient leur damer le pion, tel que les Shi'Ars ou un peuple issu des neuf royaumes (qui permettraient de connecter le film avec Thor) ? Nous verrons bien (mais des Krees quand même, s'il vous plaît !).

D'ailleurs, on peut aussi s'interroger sur le rôle de Loki dans le film. S'il est censé être le méchant annoncé de l'histoire, mais sa conversation avec Tony Stark laisse quelques questions en suspens. Agent double ? Possible, quand on connait le passif du personnage dans les comics, et rien d'étonnant venant du Dieu du mensonge.

On notera aussi l'apparition du légendaire Quinjet des Vengeurs, ce qui me fait m'étonner de l'absence de l'Heliporter du SHIELD (pourtant vu dans les diverses affiches).

Enfin, chaque héros à droit à sa séquence glorieuse dans ce trailer, mais on retiendra surtout Iron Man qui vole vers ce qui semble être un vaisseau-mère dans un passage impressionnant de vitesse et de dynamisme qui en fout plein la gueule, ainsi que la vraie présentation de Hulk en action, plus bestial que jamais, et surtout, toute l'équipe en cercle, prêt au combat, LE moment icônique que tout le monde rêvait de voir, manquait presque la prononciation d'un petit "Avengers assemble" pour clouer le spectacle et me faire gicler dans mon pantalon.

Vous savez ce qu'il vous reste à faire le 25 Avril. On se retrouve donc au cinéma !

Et si jamais on voit Thanos, je pleure de joie.


samedi 28 janvier 2012

Le générique fan-made over-classe de The Dark Knight Rises

Alors que le film évènement de Christopher Nolan est attendu pour le 25 juillet chez nous, un fan s'est amusé à imaginer à quoi pourrait ressembler le générique d'ouverture de The Dark Knight Rises, et le résultat est plutôt saisissant.

Admirez donc !

The Dark Knight Rises - Opening Credits Project from Doğan Can Gündoğdu on Vimeo.

mardi 20 décembre 2011

The Dark Knight Rises, le trailer bandant.

RAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH.

J'ai passé des heures, DES HEURES, au cours des derniers jours, à guetter la bande-annonce tant attendue de The Dark Knight Rises, en bon fan hardcore des précédents travaux de Christopher Nolan.

J'ai sué pour trouver la moindre information à faire parvenir sur Comicsblog, et mes efforts ont été récompensés hier soir, avec la diffusion du trailer plein d'awesome.

J'en tremblais de joie.

Maintenant, découvrez, et pleurez en attendant le 25 juillet.



Mon article sur Comicsblog.

dimanche 11 décembre 2011

La nouvelle affiche de The Dark Knight Rises qui fait du bruit.

Comme vous le savez probablement, je suis un grand fan de Batman, ainsi que des adaptations cinématographiques de Christopher Nolan : Batman Begins et surtout The Dark Knight.

Alors que comme un con, et comme beaucoup, je me suis bien fait baisé par l'opération Early Bird, un compteur qui ne révélait que les salles de cinéma Imax où seraient diffusés (bien sûr, pas en France...) l'introduction du prochain et dernier film de la saga, The Dark Knight Rises, et que j'attends impatiemment la diffusion de ces six premières minutes du film, ainsi que la nouvelle bande-annonce (mardi si tout va bien, vous pourrez bien sûr les retrouver dès que possible ici même et sur Comicsblog), voilà qu'a été révélé hier soir une affiche bien excitante.

Batman. Bane. The legend ends. CAN'T WAIT. <3


dimanche 20 novembre 2011

Brave : premier trailer du dernier Pixar et réaction


Brave (traduit en Rebelle en VF... C'est pas comme si le mot "brave" n'existait pas en français hein...), c'est le titre du prochain film des studios Pixar (Là-Haut, Toy Story, Monsters Inc., j'ai vraiment besoin de vous le rappeler ?). Après un premier teaser diffusé l'été dernier énigmatique mais plutôt engageant, voici que nous est parvenue il y a quelque jours la première vraie bande-annonce.



Je ne vais pas vous cacher que mon avis est plutôt mitigé (et non, ça n'a pas à voir avec la couleur de cheveux de l'héroïne). C'est techniquement impressionnant, les décors sont criants de vérité et l'animation a fait un réel gap en avant (alors que Toy Story 3, Cars 2 ou encore Wall-E atteignaient déjà des sommets), c'est honnêtement du jamais vu dans l'histoire de l'animation 3D, les personnages (mention spéciale à Merida l'héroïne quand même), l'architecture, les grands espaces naturels foutent un vraie claque.
Mais à côté de ça, quelque chose manque. L'histoire a l'air fade, sans grand intérêt, presque prétexte. Ce trailer est très premier degré et devrait ravir les enfants, ainsi que les férus de belle animation, mais pour les autres, on remarque en grattant un petit peu que ce trailer manque grandement de profondeur et d'émotion. C'est peut-être finalement ça, la touche Pixar.

Alors, après le tollé qualitatif et critique de Cars 2, le studio aura-t-il les épaules pour en supporter un deuxième sans se couper d'une partie de son public habituel ? Ou bien est-ce que cette première mauvaise impression sera balayée à la vue du film ? Réponses le 1er Août 2012, mais vous pourrez être sûrs d'une chose : je serais au cinéma ce jour là.

mercredi 7 septembre 2011

Super 8 : comment je suis retombé en enfance.

Le film évènement de l'été, et qui a partagé l'affiche avec les blockbusters de poids que sont La Planète des Singes : Les Origines et Captain America : The First Avenger, c'est Super 8, dernière super-production de J.J. Abrams (Mission Impossible III, Star Trek mais surtout les séries Alias et Lost).


"Été 1979, une petite ville de l’Ohio. Alors qu'ils tournent un film en super 8, un groupe d’adolescents est témoin d'une spectaculaire catastrophe ferroviaire. Ils ne tardent pas à comprendre qu'il ne s'agit pas d'un accident. Peu après, des disparitions étonnantes et des événements inexplicables se produisent en ville, et la police tente de découvrir la vérité… Une vérité qu’aucun d’entre eux n’aurait pu imaginer." (résumé Allociné)

On ne savait pas réellement quoi attendre de ce film. Il faut dire que le premier trailer dévoilé... Ne dévoilait pas grand chose. En effet, on y voyait une infime partie de l'accident ferroviaire qui sera au centre du film, ainsi qu'une porte défoncée sous nos yeux par "une chose". Le teaser façon J.J Abrams était lancé et ne s'arrêterait pas. En cela, on pense à Cloverfield, dernier film de son meilleur ami Matt Reeves auquel notre réalisateur a grandement participé. Donc, un nouveau monster movie, séquelle de Cloverfield ? Le bruit à couru longtemps, mais Abrams fut clair : ce n'est pas une suite mais un film nouveau, et le monstre serait secondaire. Très bien, mais que va-t-on suivre alors ? Des enfants qui tournent un film en Super 8. D'accord...
Mais à Abrams de préciser que son film se voudra une ode au cinéma des années 80, dominé par l'immense Steven Spielberg. Et là le compteur à fantasme se remet à fonctionner à plein régime. Tant de films marquants : Les Goonies, E.T, Gremlins, Retour vers le futur... Tant de films qui ont aussi marqués Abrams et dont on retrouvera les réminiscences. Mais pas que.

Ainsi, après un teasing parfaitement orchestré (les détracteurs du bonhomme diront qu'il sait mieux teaser que réaliser), le film sort de part le monde. Et c'est une grosse claque. Effectivement, le film rend hommage à tout le cinéma de Spielberg, et de fort belle manière. Sous ses airs de "E.T nouvelle génération", le film sait puiser dans les autres oeuvres du réalisateur. Un sens du mystère que ne renierais pas Les Dents de la Mer, des scènes flippantes dignes de Jurassic Park, de l'aventure comme on en voit plus depuis Indiana Jones. Bien sûr, il s'inspire aussi énormément des réalisateurs de cette époque malheureusement révolue tel que Joe Dante (Les Gremlins, Small Soldiers), Joe Johnston (Jumanji, et plus récemment Captain America) ou Robert Zemeckis (Retour vers le Futur). Grâce à ses références cultes pour plusieurs générations, il parvient à hameçonner le spectateur dont l'enfance a été baigné par ces chefs d'oeuvres. Moi enfant des nineties, j'ai bouffé tous ces films durant ma toute jeune enfance, et j'en garde encore un souvenir impérissable. Et Abrams a été cherché cet enfant en moi pour lui montrer son film à lui en premier, en lui disant "regarde, tout ce que tu as toujours voulu voir est devant tes yeux". Et ça marche, car quand je regardais le film, j'avais 10 ans et je me suis souvenu avec émotion de cette époque où je passais mon temps à regarder des cassettes, en pyjama Spider-Man avec un tyrannosaure dans la main.

Mais il serait dommage de résumer ce film, avec tout le talent dont Abrams parvient à le faire, en un simple pot-pourri des films de notre enfance et notamment des productions Spielberg, car il a tellement plus à offrir.

Le film suit donc les aventures de ce groupe d'enfants/adolescents confrontés à quelque chose d'extra-ordinaire et qui vivront des aventures qui le seront tout autant. Le film est clairement marqué du sceau Amblin et ne le reniera à aucun moment. Fidèle de bout en bout à ses modèles, J.J Abrams se sert aussi de son expérience en tant qu'homme du XXIème siècle pour apporter un sens du spectacle digne de son temps. On peut ainsi s'avancer sans trop de craintes en disant que la scène du déraillement du train est la plus impressionnante de cette année cinématographique. On reste scotché à son fauteuil pendant toute la séquence qui en fout plein la gueule. Abrams n'oublie donc pas qu'il réalise, entre autres, un blockbuster, et qu'il doit remplir son cota d'action, même s'il le distille mal sur la durée (hormis le train et la dernière demi-heure, seules les attaques du monstre, certes bien faites, sont à noter).

D'ailleurs le monstre, parlons-en. Abrams disait que si vous venez uniquement pour voir son monstre, vous serez déçus. Et bien oui et non. Oui parce que certes le film se focalise sur les enfants, ne vous attendez donc pas à un monster movie à la Cloverfield. Non car ce n'est pas pour autant que ce monstre n'est pas réussi. Chacune de ses apparitions fout la chair de poule, que ce soit lors des enlèvements aussi inquiétants que celle du requin de Jaws, ou pendant l'impressionnante et flippante scène du bus qui ne sera pas sans rappeler la mythique attaque du T.Rex qui sort de son enclos dans Jurassic Park. Pendant tout le film le mystère est gardé sur son apparence jusqu'à la fin, accentuant sur la peur que le spectateur éprouve sur ce personnage.

Le vrai atout du film, mais vous vous en doutez déjà, ce sont les enfants, tous caractérisés de bien belle manière. On a tout ce qu'il faut pour faire une bonne bande de pote : le potelé au grand coeur qui se prend pour le chef, le grand peureux un peu teubé, le pyromane complètement taré (qui s'octroit pas mal des meilleures blagues du film), la jolie fille qui veux être forte et le héros, petit geek attendrissant. D'ailleurs, on s'intéresse clairement à ce personnage de Joe Lamb, dont l'acteur Joel Courtney parvient à rendre parfaitement toutes les émotions qu'il éprouve et qu'il transmet au spectateur, qui a perdu sa mère avant les débuts du film, qui commence d'ailleurs juste après ses funérailles. Le film se veut donc dès l'ouverture plus qu'émouvant, et les scènes de ce type s'enchaineront durant le film, arrachant parfois une larme au spectateur (oui je l'avoue, j'avais les yeux un peu mouillées), à titre d'exemple, je retiendrais la scène dans la chambre de Joe en compagnie d'Alice, où il projette par inadvertance des images de sa mère au mur. D'ailleurs, la jeune et sublime Elle Fanning est un atout de poids pour le film, tant part sa grâce pour son jeune âge que part son jeu d'actrice fabuleux, la magnifique scène où elle révèle son talent d'actrice en lisant un dialogue ainsi que son imitation de zombie en seront les preuves. Un actrice dont il faudra suivre l'évolution de très près.

Mais les adultes ne sont pas en reste ! Avec en premier lieu Kyle Chandler (le coach de Friday Night Lights), qui signe ici son premier grand rôle de cinéma. Tout en sobriété, l'acteur possède ce charisme encore une fois très vintage qu'il fallait : il correspond parfaitement à son rôle de père dépassé, de flic intègre et zélé et mine de rien, aura un rôle important dans le film. Aussi, les relations père-fils sont écrites avec brio, on voit tout au long du film comment un père qui ne comprend pas son fils et un fils qui ne comprend pas son père se rapprocheront par la force des choses pour lier un lien indestructible. On retiendra surtout cette engueulade où la colère et l'émotion sont palpables entre les deux individus, suivi d'un échange de regard qui en dit long, montrant qu'ils sont tous deux submergé sous leurs émotions et leurs tristesse. Les acteurs secondaires ont aussi une bonne présence à l'écran et restent très bien joués par leurs intérprètes, tel que le père d'Alice rongé par la culpabilité ou l'impassible Colonel Nelec dont on comprend vite qu'il ne joue pas franc jeu.

Aussi, le film de J.J Abrams se veut comme une sorte de témoin de l'époque où se déroule le film. Tout d'abord ce qui frappera beaucoup, ce sont les fameux halo de couleur bleue entourant les sources de lumière, première référence au cinéma d'il y a plus de 30 ans où le montage ne permettait pas encore de les effacer, rendant un certain charme à ces vieux films, transposé dans Super 8. Mais aussi, toutes les multiples références à la technologie de l'époque, ici pas d'iPod, de téléphone portable ou de technologies numériques, on fait développer ses pellicules pendant plusieurs jours dans des magasins spécialisés, on écoute sa musique sur son walkman tout neuf qui représentait le high-tech d'époque et on ne peut s'écarter de plus de deux mètre du téléphone fixe. C'est un autre temps, que Abrams s'amuse à mettre en confrontation avec le notre, laissant au spectateur le plaisir de faire le jeu de la comparaison.

L'aventure et le mystère dominent le récit dans sa majeure partie et le spectateur reste captivé durant plus d'une heure et demi, jusqu'au 20-30 dernières minutes. En effet, cette fin semble arriver beaucoup trop vite et ne laisse que peu de place à de véritables explications. Abrams ne s'attarde pas à un seul instant, ce qui laisse un arrière-goût amer, comme une fin bâclée. Cependant, le réalisateur nous laisse sur une dernière scène qui contraste avec ce que l'on venait de voir. Sublimement poétique, comme si toutes les émotions du film était condensée ici, il s'agit de la plus belle dernière scène d'un film que j'ai vu ces dernières années, assurément. Un happy-end qui peut sembler convenu, mais qui est non moins intelligent dans sa mise en scène. Magnifique et mélancolique, elle laissera à coup sûr un souvenir qui restera gravé dans votre mémoire et une petite larme à l'oeil à la sortie de la salle.

A noter qu'il faut absolument rester pendant le générique, fou rire garanti !


Super 8 est donc un magnifique hommage au cinéma d'une certaine époque, celle où le spectacle et l'émotion s'harmonisait. Plein d'humanité et de beaux sentiments, porté par des acteurs incroyables et d'une réalisation frôlant la perfection, J.J Abrams nous livre son chef d'oeuvre, et son Super 8 nous montre qu'il est bon de retourner en enfance deux heures durant.